La distinction entre responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et communication responsable est souvent abordée de manière superficielle, voire confondue dans la pratique. Pourtant, ces deux dimensions recouvrent des champs, des objectifs et des exigences fondamentalement différents, bien qu’étroitement imbriqués au sein des démarches de responsabilité organisationnelle.
La RSE, définie par la norme ISO 26000 comme la “responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et l’environnement”, intègre la prise en compte volontariste (ou contrainte) des enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance (ESG) dans la stratégie, les processus et la gouvernance d’entreprise.
La communication responsable, quant à elle, se réfère à l’ensemble des pratiques de communication – internes ou externes – qui respectent à la fois la véracité, la transparence, la pertinence et l’éthique de l’information délivrée au sujet des engagements et des performances RSE. Les référentiels tels que la NF ISO 14063 (Communication environnementale) ou encore le guide ADEME 2020 sont utiles pour encadrer la communication dans un sens responsable.
Il importe de circonscrire techniquement le périmètre de la RSE par rapport à celui de la communication responsable, notamment pour prévenir les risques d’amalgame, d’instrumentalisation ou de dérive réputationnelle telles que le greenwashing ou le social washing.
Une démarche RSE crédible procède d’un dispositif systémique de pilotage – analyse de matérialité, identification des parties prenantes, construction d’un plan d’action, mesure, évaluation, ajustement. À l’inverse, la communication responsable doit reposer sur l’objectivité et la robustesse des preuves issues de ce processus.
| RSE | Communication responsable |
|---|---|
| Identification des enjeux matériels | Explication des choix réalisés |
| Déploiement d’actions correctives | Mise en perspective des progrès et limites |
| Mesure et reporting des indicateurs | Publication transparente des données |
| Audit et amélioration continue | Dialogue responsable avec les parties prenantes |
La frontière ténue entre RSE et communication responsable ouvre la voie à des risques majeurs lorsque l’articulation n’est pas méthodique et maîtrisée. L’emballement médiatique autour des pratiques de greenwashing – démontré par des enquêtes sectorielles telles que celles de l’ARPP (Association de Régulation Professionnelle de la Publicité) ou de l’ADEME – témoigne de la nécessité d’une gouvernance rigoureuse.
Refuser l’instrumentalisation et l’amalgame implique de structurer de façon précise l’articulation entre la gouvernance RSE et la communication responsable. Cela suppose d’opter pour un pilotage basé sur la complémentarité et la traçabilité, et non sur la subordination de la pratique réelle au discours.
La robustesse d’une démarche responsable ne se décrète pas, elle se démontre. Nous constatons que la mise en cohérence de la RSE et de la communication responsable ne se limite pas à éviter les dérives de type greenwashing ou social washing. Elle constitue avant tout un levier stratégique de création de valeur, de différenciation et de résilience pour l’organisation.
L’évolution rapide du cadre réglementaire, la professionnalisation des métiers de la RSE et la vigilance accrue des parties prenantes imposent aux organisations une structuration toujours plus fine de l’articulation entre la responsabilité sociétale et la communication responsable. Dépasser les logiques déclaratives et installer durablement la crédibilité de l’engagement passe par :
C’est à ces quatre conditions que la communication, loin d’être accessoire ou risque, devient un puissant vecteur de crédibilité, de performance et de diffusion des bonnes pratiques issues d’une gouvernance responsable.